Outre la création d’une chaire d’enseignement de l’histoire de la Savoie et d’un manuel d’histoire spécifique, il a été recommandé de faire chanter « notre chant national » (sic) dans les écoles publiques.
Cette proposition fut adoptée lors de la séance du 18 octobre 1934
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k ... /f605.item (page 612)
Le préfet de La Savoie a transmis ce souhait à l’inspection d’académie qui a répondu le 26 février 1935, avec une implication franche qui perdure de nos jours dans cette noble institution :
Pas d’opposition formelle mais toute latitude est laissée aux enseignants, avec néanmoins de solides encouragements.
Lors de la séance du 14 mai 1935, les conseillers sont revenus sur le sujet en constatant avec plaisir que « Les Allobroges » sera publié dans le Bulletin de l’Enseignement Primaire.
Toutefois les paroles de cet hymne datant de 1856 pour célébrer le retour des troupes Sardes de Crimée sont devenues désuètes et incompréhensibles pour le commun des mortels ; a fortiori pour de jeunes élèves.
C’est pourquoi un historien et poète Charles DUFAYARD (*1860†1942) a composé quatre nouvelles strophes mais en conservant le refrain originel. Il les a déclamées en séance et a recueilli des applaudissements nourris, émus et enjoués.
D’un chant guerrier et nostalgique, nous sommes passés à une ode pastorale rendant hommage à sa patrie adoptive : La France
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k ... 6/f69.item (pages 62, 305, 306, 307)
Et bien entendu, pas chiens du tout, les conseillers de la Savoie ont fait part de cette initiative à leurs homologues de La Yaute afin qu’ils puissent l’adopter.
Le nouveau texte figure dans le délibéré. Quant aux anciennes paroles on peut les trouver ici :
https://www.defense.gouv.fr/terre/chant ... allobroges
La meilleure version Des Allobroges demeure celle chantée par Armand MESTRAL.
Par la suite, celui-ci a mis sa voix de stentor et son emphase au service d’un hymne vantant la gloire d’un général héros de Verdun, promu ensuite Maréchal de France et qui a pris les rênes de l’État Français. On ne peut pas dire que cette dernière initiative ait rencontré beaucoup de succès après 1944.
Ma mère se rappelle avoir appris Les Allobroges à l’école de La Côte d’Aime, mais elle ne sait plus quelle version. Il faut qu’elle retrouve son cahier…
Toutes les versions trouvées sur la toile ne sont que des adaptations cosmétiques de l’original. La belle version « office du tourisme » de 1935 semble être passée dans les oubliettes de l’histoire avec ce pauvre Charles DUFAYARD.

