Saint Gingolph sauvé par la frontière
Posté : 28 juin 2026, 19:39
Saint-Gingolph, 22-23 juillet 1944 : le village que la frontière a sauvé du sort d'Oradour.
Il existe peu d'endroits comme Saint-Gingolph : un seul village, mais deux communes, coupées par un torrent minuscule, la Morge France d'un côté, Suisse de l'autre. En juillet 1944, cette frontière a fait la différence entre la vie et l'anéantissement.
Le 22 juillet à midi, des maquisards FTP du secteur d'Abondance attaquent le poste-frontière allemand. L'opération, déjà compromise les jours précédents, tourne au chaos. Combats violents dans la Grand-Rue : une dizaine de soldats allemands tués, mais aussi des victimes côté village.
Le lendemain, les renforts arrivent d'Annemasse par side-car et par bateau unités allemandes (SS, police, Wehrmacht mêlées), lance-flammes au poing, avec un ordre simple : raser Saint-Gingolph. Quatre-vingt-une maisons sont pillées et incendiées. Huit habitants restés sur place sont pris en otage ; six seront fusillés au centre du village.
C'est ici que tout bascule. La population fuit de l'autre côté du pont, en Suisse. Le colonel-brigadier Julius Schwarz, commandant la brigade de montagne 10, ordonne d'ouvrir la frontière : 313 réfugiés sont accueillis. Et surtout, il prévient les officiers allemands, dans leur langue, que toute atteinte au territoire ou aux biens suisses déclencherait l'intervention de ses troupes massées à la frontière.
La menace porte. Les destructions s'arrêtent là où commence la Suisse.
Quelques semaines après Oradour-sur-Glane, rasé jusqu'au dernier mur, Saint-Gingolph a connu un autre destin. Non parce qu'il a été épargné mais parce qu'une frontière y a joué, en même temps, le rôle de refuge et de bouclier.
Il existe peu d'endroits comme Saint-Gingolph : un seul village, mais deux communes, coupées par un torrent minuscule, la Morge France d'un côté, Suisse de l'autre. En juillet 1944, cette frontière a fait la différence entre la vie et l'anéantissement.
Le 22 juillet à midi, des maquisards FTP du secteur d'Abondance attaquent le poste-frontière allemand. L'opération, déjà compromise les jours précédents, tourne au chaos. Combats violents dans la Grand-Rue : une dizaine de soldats allemands tués, mais aussi des victimes côté village.
Le lendemain, les renforts arrivent d'Annemasse par side-car et par bateau unités allemandes (SS, police, Wehrmacht mêlées), lance-flammes au poing, avec un ordre simple : raser Saint-Gingolph. Quatre-vingt-une maisons sont pillées et incendiées. Huit habitants restés sur place sont pris en otage ; six seront fusillés au centre du village.
C'est ici que tout bascule. La population fuit de l'autre côté du pont, en Suisse. Le colonel-brigadier Julius Schwarz, commandant la brigade de montagne 10, ordonne d'ouvrir la frontière : 313 réfugiés sont accueillis. Et surtout, il prévient les officiers allemands, dans leur langue, que toute atteinte au territoire ou aux biens suisses déclencherait l'intervention de ses troupes massées à la frontière.
La menace porte. Les destructions s'arrêtent là où commence la Suisse.
Quelques semaines après Oradour-sur-Glane, rasé jusqu'au dernier mur, Saint-Gingolph a connu un autre destin. Non parce qu'il a été épargné mais parce qu'une frontière y a joué, en même temps, le rôle de refuge et de bouclier.